Coupe du monde: le Ghana va-t-il confirmer son embellie ?

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Le Ghana à la coupe du monde

En l’espace de quelques mois, les choses ont évolué de façon drastique pour le Ghana au cours de l’année 2022. D’une piètre prestation à la CAN à une qualification pour la Coupe du monde, les choses évoluent dans le bon sens. Aujourd’hui, pour leurs adversaires, les Black Stars sont une totale inconnue. Le gain qualitatif qu’ils ont engrangé peut leur permettre de bien figurer dans leur groupe et, pourquoi pas, aller plus loin dans ce Mondial qui se déroule au Qatar. La Corée du Sud, l’Uruguay et le Portugal sont prévenus.

Une équipe qui revient très de loin
À l’image du Maroc et du Sénégal, de nombreux joueurs issus de la diaspora alimentent le vivier national, et l’arrivée d’Otto Addo aux côtés du superviseur Chris Hughton au lendemain de la CAN a entraîné les prémices d’une nouvelle ère pour les Black Stars. Renforcée par les arrivées de joueurs tels que Inaki Williams (attaquant, Athletic Bilbao), Antoine Semenyo (attaquant, Bristol City), Tariq Lamptey (latéral droit, Brighton), et la résolution du cas Mohammed Salisu (défenseur, Southampton), ces joueurs s’ajoutent à la vague de renforts du mois de mars qui a permis d’obtenir le billet pour la Coupe du monde.

Plus jeune équipe du tournoi mais aussi équipe jeune en termes de vécu, ce Ghana-là, Otto Addo n’a peut-être pas eu assez de matchs pour travailler sa cohésion et entamer le mondial avec un maximum de certitudes. Cela dit, on note quand même de réels enseignements à l’issue de ces quelques sorties dernières. Défaits par le Brésil (3-0) en septembre, une différence notable a été constatée avec l’entrée des nouveaux renforts. « Nous avons perdu 3-0, donc tout le monde pense probablement que c’est une équipe faible. C’est peut-être un avantage pour nous. Peut-être que je dois faire certaines choses différemment, et si tout le monde pense ainsi, nous ferons mieux. Je ne suis pas inquiet. J’ai fait des erreurs, j’en tirerai des leçons et j’espère pouvoir m’améliorer », a dit le coach ghanéen.

Les Black Stars ont ensuite rebondi avec une victoire sur le score de 1-0 face au Nicaragua dans un match qu’ils ont dominé mais durant lequel il y a eu beaucoup de déchets dans la finition. D’après le sélectionneur, 70 % des places de l’équipe étaient déjà décidées après ces deux matchs du mois de septembre, c’est dire?

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Une liste remaniée en profondeur par rapport à la CAN
Finalement, l’équipe ne totalise pas moins de douze joueurs nouveaux et qui n’ont pas pris part à la CAN, soit un remaniement de près de la moitié. Sur le plan de la représentativité du football du championnat domestique, on retrouve deux joueurs évoluant : le gardien de but Ibrahim Danlad (Asante Kotoko) et l’attaquant Daniel Afriyie Barnie (Hearts of Oak), vainqueurs du tournoi UFOA-B en 2020 puis de la CAN U20 en 2021.

Danlad, 19 ans s’est révélé la saison passée et a contribué au titre du club de Kumasi. Afriyie Barnie, 21 ans, a, lui, été un joueur clé pour le titre de champion remporté en 2021. Titulaire lors du match de préparation face à la Suisse, il a réalisé une belle sortie et s’est hissé au niveau de ses coéquipiers évoluant pourtant à un niveau plus élevé. Il pourrait intéresser des équipes de grands championnats européens alors que son contrat prend fin en décembre.

Au niveau des absences, les Black Stars n’ont pas été lésés au poste de gardien de but. Joe Wollacott (Swindon Town) et Richard Ofori (Orlando Pirates, Afrique du Sud) ne seront pas de la partie. Le milieu de terrain de Mallorque Baba Iddrisu, préssenti pour être titulaire aux côtés de Thomas Partey, est lui aussi forfait. Cela dit, le Ghana semble avoir les ressources pour trouver des solutions pour pallier ces absences. Le dernier match de préparation, remporté (2-0) face à l’équipe de Suisse, presque à 100 % de ses capacités, est une belle performance. Les prestations de Salisu, qui s’affirme déjà comme le patron de la défense, d’Abdul Samed et d’Owusu doivent à Otto Addo des possibilités d’options très intéressantes.

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Un groupe uni pour la cause
La préparation à la Coupe du monde a permis de montrer qu’il y a là une bonne atmosphère au sein d’un groupe talentueux, également équilibré entre les joueurs d’expérience d’avant et les talents qui ont été intégrés ces dernières années. Au niveau du staff technique, la sélection a également été renforcée par Dr Narteh Ogum, ex-entraineur d’Asante Kotoko, et Samuel Boadu, ex-entraineur de Hearts of Oak, vainqueur des deux derniers championnats du Ghana. L’association de ces entraîneurs issus des deux grands clubs rivaux démontre une volonté de joindre toutes les forces vives pour gagner.

Tout ceci confirme les progrès réalisés depuis la CAN 2021. Confronté au Portugal, puis la Corée du Sud, le Ghana retrouvera l’Uruguay pour un remake de 2010, un épisode douloureux. Faut-il rappeler la faute de main de Luis Suarez au dernier moment et le pénalty manqué de la légende Gyan Asamoah. Pour ce dernier, il n’y a pas de doutes que pour les Blacks Stars, ce match aura une saveur particulière : « Tout le monde au Ghana attend le match contre l’Uruguay à cause de ce qui s’est passé en 2010. Nous pensons que c’est notre chance de nous venger. »

Une place en huitième de finale pourrait être en jeu, ce qui rendrait l’affiche plus excitante. En trois participations, les Black Stars ont atteint une fois les 1/8, en 2006, une fois les 1/4 en 2010 pour une élimination au 1er tour dans un groupe composé de l’Allemagne, du Portugal (défaite 2-1) et des USA.

Deux constantes : ils n’ont jamais eu de groupe facile mais ont toujours été à la hauteur de l’évènement. Malgré un manque d’expérience comparé aux fois passées, le Ghana pourrait une fois de plus répondre présent.

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