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    DW: Monsieur le président, vous êtes venu à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel. Quel est l’objectif concret de votre voyage?

    Mohamed Bazoum : Pour être honnête, je viens surtout remercier Mme Merkel à la veille de son départ de la tête de l’Allemagne, parce que ces dernières années, elle s’est engagée en sorte que la coopération entre le Niger et l’Allemagne se soit considérablement renforcée. Et je suis venu en même temps, évidemment, demander aux autorités allemandes, à elle-même, mais à toutes les autorités allemandes, de maintenir ce cap, de faire en sorte que notre relation se renforce encore davantage.

    DW : Qu’est-ce qui a marqué votre relation avec Angela Merkel ces dernières années ?

    Mohamed Bazoum : En plus de l’accroissement de l’enveloppe de la coopération, il y a eu une diversification et une plus grande implication sur les questions qui n’étaient pas traditionnelles, notamment les questions en rapport avec la sécurité. Et l’Allemagne a désormais un certain regard sur l’Afrique, et notamment le Sahel, qui est totalement inédit de ce point de vue.

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    DW: Attendez-vous de l’Allemagne qu’elle envoie plus de soldats au Sahel?

    Mohamed Bazoum : Non, je pense que ce n’est pas ça la question. Vous voyez que la France est en train de diminuer les effectifs de ses soldats parce qu’ils sont totalement non nécessaires. Nous n’avons pas besoin vraiment de soldats au sol dans le cadre des opérations militaires qui peuvent être menées dans la lutte contre le terrorisme. Nous avons besoin de nos partenaires européens pour ce qu’ils savent faire et pour lequel nous, nous n’avons pas les moyens, en complément de ce que nous avons à faire et pour lequel ils ne sont pas nécessaires. De façon concrète, nous avons besoin de moyens, de technologie que nous ne possédons pas, pour les informations, pour le renseignement, les avions de reconnaissance… Toute l’information technologique. Cela, les Européens l’ont, nous nous ne l’avons pas. Nous n’avons pas de capacité aérienne conséquente, en complément à ce que nous pouvons faire au sol dans le cadre des opérations, la dimension aérienne du combat que nous avons à mener est une dimension au sein de laquelle nos lacunes peuvent être comblés par les moyens que peuvent utiliser nos partenaires, les Allemands, les Français et les Européens de façon générale. C’est cela qui explique la nécessité de forces de type spécial dans les opérations utilisant des technologies que nous n’avons pas. Donc, nous devons être complémentaires. Les soldats au sol, c’est notre affaire à nous et pas celle de nos partenaires.

    DW: Mais cela suppose que vous soutenez toujours la lutte militaire contre le djihadisme? Est-ce qu’il ne faudrait pas plus renforcer la lutte contre le terrorisme par davantage de développement et de cohésion sociale?

    Mohamed Bazoum: Pour le moment, nous sommes engagés dans des opérations de combat contre des terroristes qui ont occupé des espaces physiques qui sont sous leur contrôle, caractérisés par les formes de violence qu’ils peuvent utiliser justement pour soumettre les populations et vouloir étendre leur espace. Aujourd’hui, les terroristes prélèvent des taxes sur les populations. Ils ont interdit les écoles et imposé la fermeture des écoles. Des centres de santé ne fonctionnent pas. Les services publics de base ne sont pas fonctionnels dans les régions occupées par les terroristes. Il y a l’urgence de combattre les terroristes, de les anéantir, de les réduire, et il y a le problème de fond : le développement, il ne faut pas les confondre. C’est une question d’agenda et d’articulation des priorités, tout simplement.

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    DW : On entend que la France veut déplacer ses bases militaires du Tchad au Niger. Une réaction à cela?

    Mohamed Bazoum : Je ne pense pas que ce soit ça à l’ordre du jour. Ils vont réduire leur présence dans un certain nombre de sites où ils sont jusqu’à présent. Est-ce que Niamey sera affecté par cette réduction, ça ne me semble pas être le cas. Est-ce que N’Djamena le sera? Je n’en sais rien, mais il ne s’agit pas de transférer ce qu’ils ont de N’Djamena à Niamey, ce n’est pas ça n’a pas la perspective.

    DW : Est ce qu’il y aura une base militaire française en plus, peut-être, au Niger?

    Mohamed Bazoum : Non, il n’y aura pas de base en plus. Il y aura le même dispositif. Est-ce qu’il sera un peu plus grand ou un peu plus petit? Je ne suis pas dans le secret des décisions qui ont été prises ou qui le seront à Paris.

    DW : Ce serait bien si le centre de gravité était déplacé vers le Niger. Parce que, comme ça, on serait plus proche de la zone des trois frontières Burkina, Mali, Niger, là où il y a le plus de problème de terrorisme…

    Mohamed Bazoum : Oui, en tout cas, ce que nous appelons le fuseau centre-centre dans l’organigramme du G5 Sahel est le fuseau qui est le plus affecté par le terrorisme et c’est celui qui nous mobilise le plus. Si le dispositif international de soutien à cette guerre que nous menons devait avoir cette zone des trois frontières pour centre de gravité, ce serait quelque chose de plus logique.

    DW : Dernièrement, il y a aussi les Etats-Unis qui ont proposé leur aide à la France dans la lutte antiterroriste dans le Sahel. Quel rôle pourraient jouer les Russes, les Chinois, par exemple, dans cette lutte antiterroriste?

    Mohamed Bazoum : Je n’en sais rien. Pour le moment, ils ne sont pas du tout présents sur ce front-là. S’ils devraient y être, ils auraient certainement une grande place également.

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    DW : Votre prédécesseur, le président Mahamadou Issoufou, avait déclaré plusieurs fois que le statut de la ville de Kidal, au Mali, avait des effets sur le terrorisme aussi au Niger. Cela va un peu dans le sens que les experts disent qu’il y a au Niger des membres des ethnies djerma, touareg qui se joindraient aux terroristes qui ont leurs bases au Mali et qui feraient des attaques isolées au Niger pour ensuite se retrancher au Mali. Qu’en dites-vous?

    Mohamed Bazoum : Ce qui est sûr, c’est que les bases de l’Etat islamique dans le grand Sahara, dirigé par Abou Walid al-Sahraoui, sont sur le territoire malien, dans les régions de Ménaka et de Gao, puisque leurs bases sont là-bas. C’est un peu cet espace qui est leur profondeur stratégique, mais en même temps, ils rayonnent sur le Niger, à la frontière, ainsi que sur le Burkina. Mais ils ont tendance, à chaque fois qu’ils ont agi sur le territoire nigérien, pour l’essentiel de se retirer dans leurs bases que j’ai indiquées tout à l’heure. C’est une réalité.

    DW : Est-ce que les problèmes du Mali, qui ont donc des répercussions sur le Niger, peuvent se régler sans dialogue avec les djihadistes?

    Mohamed Bazoum : Le problème du Mali, je ne sais pas trop. Les Maliens sont mieux placés que nous pour envisager l’avenir de leur pays. J’entends des autorités du Mali dire qu’elles ont besoin de dialoguer avec les responsables des fronts terroristes maliens. Je respecte ce point de vue, mais je n’ai aucune idée de sa pertinence.

    DW : Et pour le Niger, ce serait envisageable pour vous de dialoguer avec les jihadistes?

    Mohamed Bazoum : Pour nous, la situation est un peu différente. Nous n’avons pas de jihadistes nigériens qui sont à la tête de groupes qui aient pu jusqu’à présent formuler des griefs contre nous ou des objectifs pour eux et qui peuvent nous interpeller. A partir du moment où nous ne sommes pas dans une situation de ce genre-là, nous ne pouvons pas nous lever de but en blanc pour dire qu’on peut faire le dialogue ou qu’on ne peut pas le faire. Si nous avions identifié des partenaires ou s’il y avait eu des gens pour dire ‘Nous sommes vos partenaires’, nous aurions jugé. Ce n’est pas le cas. Donc, la question se pose chez nous en Nous sommes surtout affectés par les agissements de l’EIGS et du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le GSIM, qui est l’autre officine du terrorisme dans le Sahel. Les chefs de ces deux organisations ne sont pas des Nigériens. La deuxième, le GSIM, ce sont des Maliens, l’EIGS c’est un Sahraoui. Donc nous n’avons pas de chef d’un front terroriste nigérien qui ait formulé des griefs contre le Niger et qui pourrait être par conséquent un partenaire à une discussion avec le Niger. Voilà pourquoi il n’y a pas trop de sens de notre part à dire: ‘nous dialoguons ou nous ne dialoguons pas’.

    DW : Même si ce ne sont pas de chefs – que faites-vous pour empêcher des Nigériens de rejoindre les groupes terroristes?

    Mohamed Bazoum : Nous sommes en train de développer diverses actions à la base auprès de communautés pour leur expliquer cette situation et ce qui en constitue les enjeux. Donc, il y a un certain nombre de mesures, sur les détails desquelles je ne voudrais pas m’appesantir, que nous sommes en train de prendre. En effet, nous avons conscience que nous avons des jeunes Nigériens qui vont là-bas, non pas tant parce qu’ils ont des convictions idéologiques de type islamiste radical, que parce qu’ils pensent trouver à manger. Et en effet, il a pu arriver que des jeunes qui sont allés dans cette aventure ont pu avoir quelques biais et qui ont incité d’autres aussi à aller. Voilà à quoi est réduit le terrorisme désormais en Afrique en vérité. Vous avez des chefs qui sont illuminés, ont des convictions de type idéologique, mais qui ne sont pas mûs par ces considérations. Pour être honnête il y a toute une économie criminelle qui s’est développée, qui fait l’affaire des chefs, mais qui peut aussi faire l’affaire des soldats. Et le phénomène pour nous se réduit, pour les Nigériens en tout cas, plutôt à cela qu’à autre chose. Il nous faut lutter évidemment contre cette dynamique de jeunes.

    DW : Vous avez été ministre de l’Intérieur pendant quatre ans. Qu’est-ce que vous avez manqué de faire pour que le Niger arrive à ce point : des massacres, des attentats avec plus de 200 morts…

    Mohamed Bazoum : La situation s’est dégradée, surtout au Mali, malheureusement il faut le reconnaître. Et les bases du terrorisme se sont consolidées dans ce pays-là. Et il y a eu plus de jeunes qui ont été enrôlés dans ces mouvements-là et évidemment cela a influé sur notre territoire parce que ces jeunes qui sont venus tuer des gens des communautés djerma et touaregs sont des jeunes, tout le monde le sait, qui viennent de la région de Ménaka malheureusement.

    DW : Et les technologies dont vous parliez aideraient à identifier suffisamment tôt des assaillants qui, par exemple, arrivent en moto dans les villages voisins?

    Mohamed Bazoum : Si nous avions des radars, nous avions des ISS, si nous avons des hélicoptères, notre action aurait été totalement différente.

    DW : J’aimerais quitter un peu le terrain de la lutte antiterroriste pour en venir au volet politique intérieur. Au début de votre mandat, il n’y a pas eu seulement les massacres dont on a déjà parlé, mais il y a aussi eu des protestations de l’opposition et de la société civile contre…

    Mohamed Bazoum : … De l’opposition seulement…

    DW : … contre votre victoire. Et c’est votre concurrent, l’ex-président Mahamane Ousmane, qui aurait gagné, disaient-ils. Ces opposants sont toujours incarcérés sans procès pour l’instant…

    Mohamed Bazoum : Je ne connais pas trop d’opposants incarcérés, il y en a très peu, il y a eu quelques manifestants qui ont été arrêtés en effet.

    DW : Oui, et pourquoi n’y a-t-il toujours pas eu un début de procès?

    Mohamed Bazoum : Je n’en ai aucune idée de cela. Je vous assure que je n’en ai aucune idée, c’est une affaire de la justice.

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    DW : Vous aviez promis au début de votre mandat de tendre la main à l’opposition. Vous l’avez fait sans qu’on s’en aperçoive?

    Mohamed Bazoum : Oui je l’ai fait. Certains se sont aperçus que je suis dans un état d’esprit de quelqu’un qui ne cultive pas la tension.

    DW: Merci Monsieur le président.
    Mohamed Bazoum :
    Je vous en prie.

    Auteur: Dirke Köpp

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